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L'histoire (Quatrième de couverture):

"Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j'aurais avec lui, j'allais entendre l'appel d'une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi comme copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d'hôpital, qu'est-ce que cela pouvait me foutre? J'étais un jeune écrivain et je me sentais des ailes. Quelque part sur le chemin je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare."


Mes impressions de lecture:

On trouve régulièrement trace de ce livre sur différents blogs, dans les librairies, dans des références. Proclamé comme "le livre clé de la "beat generation" ", je me suis dit que découvrir ce livre ne pouvait pas faire de mal, au contraire.  Sans compter que vous, je ne sais pas, mais moi je n'avais aucune idée de ce que pouvait être cette beat generation. Aussi, lorsque je le trouvai dans une brocante, je me le suis procuré, et me suis enfin décidé à le sortir de ma PAL.

En introduction, je vous propose donc une petite définition du terme beat generation retrouvée sur Wikipedia:
"William Burroughs, Allen Ginsberg et Jack Kerouac sont les précurseurs du mode de vie de la jeunesse des années 1960, celle de la Beat Generation, « qui a ébranlé la société américaine dans ses certitudes. Elle a directement inspiré aussi bien les mouvements de mai 1968 que l’opposition à la guerre du Vietnam, ou les hippies de Berkeley et Woodstock. Pourtant la Beat Generation a aussi contribué à enrichir le mythe américain."
Je vous l'accorde, cela ne précise pas grand chose, mais quand on se rend compte que ce terme est ce qui a donné naissance au mot "beatnik", alors là, on comprend bien mieux.

C'est donc au sein de cette jeunesse rebelle des années 50 et 60 que Kerouac nous plonge, tout au long d'un road trip interminable à travers les Etats-Unis et au-delà. Nous suivons donc Salvatore Paradise (qui n'est autre que l'auteur lui-même nous relatant son auto-biographie), jeune étudiant écrivain new-yorkais aux rêves d'aventure, narrateur de cette histoire, qui part sur la route pour suivre son ami et modèle, Dean (en fait Neal Cassady, compagnon de route de Jack Kerouac dans la vraie vie), un être torturé et planant, instable aussi bien dans la vie qu'en amour, à l'enfance difficile et au futur plus qu'hasardeux...

Je dois l'avouer, suivre ces petits va-et-vient entre la côte Est et la côte Ouest m'a profondément ennuyé. Il y avait longtemps que je n'avais pas eu autant de peine à finir un roman, renonçant à plusieurs reprises à le laisser tomber. Salvatore, seul ou accompagné, transite inlassablement, en bus ou en auto-stop, de New-York à Los Angeles, en passant par Chicago, Salt Lake City, Denver, ... Puis une fois arrivé, repart dans l'autre sens, et ainsi de suite. J'avoue avoir arrêté de compter le nombre d'aller-retours à travers les Etats-Unis. Et au final, ces voyages de galère sont tout simplement sans aucun but. Le narrateur poursuit son ami, ou son identité, ou ses rêves. Bref, il est complètement paumé, fréquente des gens tout aussi paumés et déguenillés, lorsqu'ils ne sont pas juste défoncés.

Je ne me suis en fait attaché à aucun personnage. Le narrateur m'a plutôt fait de la peine. Pour moi, il perd son temps à poursuivre des chimères en risquant de foutre en l'air sa vie, s'acoquinant avec des zonards de seconde classe. Quant à Dean, je pense lui décerner la Palme du héros le plus pathétique et misérable qu'il m'ait été donné de découvrir. Ce personnage, que le narrateur adule et nous décrit comme un modèle de liberté, m'a répugné de pages en pages, agissant de manière égoïste et détestable au possible.

L'intérêt, je pense, qui devrait ressortir de ce livre, ce sont plutôt les idées de liberté, rebelles, qui émanent de ces personnages. Je pense que ce doit être ça, la beat generation: vivre à cent à l'heure, voir le monde, profiter de sa vie, suivre ses envies quel qu'en soit le prix. Mais j'ai trouvé que ces idées, pourtant séduisantes, étaient très mal présentées, et ne donnaient franchement pas envie. Les dérives philosophiques de comptoir de Dean n'ont été pour moi qu'une logorrhée indéchiffrable et vide de sens s'étalant sur des pages et des pages comme des tartines de beurre rance.

Finalement, seules quelques bribes d'histoire, des rencontres éphémères, animent un peu ce récit monotone pour rendre vraiment compte de ce style de vie à part: s'ouvrir à tous, partager des moments instantanés, découvrir puis fuir, sans se retourner, avec des personnages singuliers qui attirent la sympathie.

Enfin, je n'ai pas du tout accroché au style de l'auteur, ou plutôt devrais-je dire à la traduction. On retrouve ici beaucoup d'argot américain des années 50-60, qui plus est traduit dans ce même argot français de l'époque, dont je ne suis pas très familier. Je pense que ça a également beaucoup joué à me laisser sur la touche dans ma lecture.

Vous l'aurez compris, j'ai vécu cette lecture comme un mauvais trip, assommé par les kilomètres parcourus, par les divagations des personnages, et par de nombreuses pages tout bonnement inintéressantes. Et pourtant, ce livre m'a laissé une sorte d'empreinte, une gueule de bois, qui finalement me fait comprendre qu'il doit y avoir de très bonnes choses à retenir de cette lecture, mais de toute évidence je suis complètement passé à côté.

 

 

Ma note:

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