Imperial_Bedrooms

L’histoire:

Clay, l’anti-héros du premier best-seller de Ellis, Moins que zéro, revient à Los Angeles.

Il a vingt ans de plus, il est un peu plus vieux, un peu plus seul et désoeuvré. Il retrouve ceux qu’il a connus dans sa jeunesse, Blair, Trent, Julian, Rip… les représentants d’une génération dorée et perdue, abandonnés à la vacuité, la solitude et la vanité qui les détruisent. Producteur associé à l’adaptation cinématographique de son dernier scénario, Clay participe au casting du film, joue de son pouvoir, séduit Rain, une jeune actrice sublime et sans talent, lui fait de fausses promesses.

Il est prêt à tout pour la posséder. Mais qui manipule qui ?

 

Mes impressions de lecture :

Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis “Moins que zero”. La jeunesse dorée et privilégiée de Californie a grandi – pas nécessairement mûri, et cette suite lève le voile sur les conséquences des abus de cette période d’excès et d’insouciance.

Le retour de Clay dans sa ville natale permet de retracer la complexité des relations qui se sont tissées avec ses "amis" d’autrefois. L’auteur expose avec toujours autant de détachement les haines, les manipulations, l’alcool, la drogue, le sexe, l’argent. Éclaboussant à outrance le lecteur de luxe et de luxure, l’auteur recrée un univers malsain, autour monde véreux du cinéma hollywoodien, qu’il est impossible d’envier.

Tout comme dans "Moins que zéro", que je me souviens n’avoir que moyennement aimé, j’ai ressenti un vif dégoût pour Clay et ceux qui se disent ses amis. L’individualisme est montré à son paroxysme, et les personnages sont prêts à tout pour défendre leurs propres intérêts. Les jeux de manipulation, de traîtrise et de mensonges ficellent la trame macabre que l’auteur dessine petit à petit. Suivant cela avec le regard (éthylique et) détaché du protagoniste, puis virant à la paranoïa, la vraie noirceur s’insinue peu à peu pour souffler au loin finalement tout espoir de dénouement heureux.

J’ai toujours autant de mal avec le style de Bret Easton Ellis, en particulier les phrases à rallonge qui mélangent descriptions et actions à n’en plus finir. Ce style reflète certes l’esprit synthétique du narrateur et sa manière légère de relever les informations, néanmoins il en demeure très indigeste et difficile à suivre. Cela contribue à accentuer le mal-être que j’ai ressenti tout au long de ma lecture, laissant l’impression étrange d’être content quand le livre se termine (non pas parce qu’il est mauvais, mais pour sortir de cette atmosphère trouble et pesante).

Ce volume ne me réconciliera donc pas avec l’auteur, auquel j’ai toujours du mal à accrocher. Je n’enlève toutefois pas sa capacité à créer un univers noir et dérangeant, avec un style si particulier qu’il maîtrise à la perfection.




 
Ma note:   

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