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L'histoire (Quatrième de couverture):

Dans les années cinquante, Kemp, jeune journaliste globe-trotteur, buveur de rhum confirmé et alter ego de l’auteur, quitte Greenwich Village pour Porto Rico où il a décroché un boulot de reporter au San Juan Daily News. Toutes sortes d’individus y travaillent : misanthropes désabusés, ratés, ambitieux prêts à refaire le monde, tous parias en quête d’une existence meilleure sous les tropiques.

Mais la paradisiaque triade rum, sex, sun vire aux cuites prolongées, aux fêtes débraillées, à la sexualité sauvage. Et en même temps qu’il bute contre la dérisoire liberté de l’ennui, Kemp assiste à la lente agonie d’une île rongée par l’argent, les ambitions de l’Amérique et la compromission hypocrite des journalistes.

 

Mes impressions de lecture:

"Rhum express" fait partie de ces romans initiatiques qui ouvrent les yeux du narrateur en même que ceux du lecteur dans la quête de soi et de ce qu'il attend du monde. Dans les années cinquante-soixante, l'air est à la liberté. Etre citoyen du monde, quitter son trou pour regarder pousser une herbe plus verte. C'est ainsi que le journaliste Paul Kemp se retrouve à Porto Rico à bosser dans un petit journal qui n'a d'intérêt que le payx où il se trouve.

L'auteur nous y narre les espoirs et désillusions qu'il traverse au cours de son expérience. D'abord grisé par la beauté du paysage, la chaleur, et bien sûr le rhum qu'il consomme plus que l'eau elle-même, il s'installe dans une oisiveté maîtrisée, "méritée". Au gré de ses fréquentations, il suit avec beaucoup de distance la faillite du journal pour lequel il travaille, les histoires d'une nuit sur une plage au clair de lune, les bagarres ou embrouilles de ses compères de beuverie. Jusqu'à se détacher de sa propre vie.

L'auteur se mettra à remettre en cause son mode de vie lorsqu'il ouvrira également les yeux sur la promiscuité de ces décors de carte postale. Il offre alors au lecteur, non seulement une réflexion sur sa place dans ce système, mais également un oeil critique et acide sur ce pays gangréné par le vice, la corruption et une culture factice.

Malgré une prose rythmée et réfléchie, et un point de vue intéressant et objectif, je n'ai pas été entièrement emballé par ma lecture. Je pense tout simplement que c'est le genre de roman qui, je trouve, vieillit mal. Je n'ai pas trouvé l'originalité que j'attendais derrière ce roman, juste un enième type paumé, qui va aller de désillusion en désillusion jusqu'à ce qu'il remette sa conduite en question.

Néanmoins, le style en reste fluide et très réaliste - les paysages, atmosphères, ambiances m'ont séduit et emporté. Un style journalistique incisive, sans blabla, avec les détails qui marquent et qui touchent, et font forcément mouche. On ne peut pas se sentir à l'écart, le lecteur est invité à vivre l'expérience avec le narrateur. L'auteur m'a fait découvrir Porto Rico dans tout ce qu'elle semble avoir de plus vrai, bon ou mauvais.

 

Il s'agit ici du premier roman de Thompson, auteur célèbre à qui l'on doit notamment "Las Vegas Parano".

 

Ma note:

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