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L'histoire (Quatrième de couverture):

"Arnaquer des riches crédules en organisant chez eux des séances de spiritisme est une chose, être soi-même la victime d'une sorte d'hallucination inexplicable en est une autre. Schell, illusionniste de talent, bien placé pour être le plus sceptique des hommes, a pourtant bien vu dans le reflet d'une baie vitrée l'image d'une fillette disparue. Fantôme ? Hallucination ? Mauvaise farce ? Dans l'Amérique en crise puritaine et hypocrite de la prohibition et alors qu'en Europe les thèses nazies donnent de la voix, Schell, accompagné d'un immigré mexicain de dix-sept ans et d'un ancien hercule de foire, refuse de trancher et décide de retrouver l'enfant. Pouvait-il imaginer qu'il allait, par sa curiosité, heurter de plein fouet un monde obscur et terrifiant ?..."


Mes impressions de lecture:

Dans "La fille dans le verre", nous suivons trois amis, trois complices, pendant la Prohibition (années 1930), dont le gagne-pain est de se faire passer pour des mediums capables d'invoquer les esprits, auprès des riches veufs ou veuves éplorés. Jusqu'au jour ou l'un d'eux voit, au cours d'une de ces séances, l'apparition d'une petite fille dans une baie vitrée. S'en suit une véritable recherche sur l'identité de cette petite fille, une enquête qui va soulever de lourds secrets et mettre en danger la vie de ce trio d'arnaqueurs.

Je ne connaissais pas du tout Jeffrey Ford, a priori auteur reconnu dans le monde de la fantasy et de la science-fiction, et j'ai donc pu le découvrir à travers ce roman qui a reçu le prix Edgar Allan Poe en 2006. Il faut dire que le style du roman est très plaisant à lire. Narré à la première personne, l'écriture est fluide, recherchée sans être trop élaborée, ponctuée de touches d'humour subtil et très appréciable. Malgré la gravité des sujets soulevés, le trio de protagonistes sait apporter cette touche de légèreté indispensable pour tenir le lecteur attentif mais pas angoissé.

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Le poids de ma responsabilité avait commencé à se faire sentir pendant notre retour sur la côte nord, et même si la perspective de mener le jeu m'effrayait, je ne pouvais m'empêcher de rire en me souvenant que, peu de temps auparavant, je m'étais senti très adulte en ayant une femme à mon bras et un verre à la main. Je réalisais désormais que devenir adulte tenait davantage à la possibilité pour les autres de compter sur vous et à la capacité à vous sortir ou non d'un mauvais pas. »

En revanche, j'ai trouvé l'histoire un peu tirée par les cheveux, et certains passages un peu gros (en particulier le dénouement, digne d'une super-production américaine). C'est dommage, car le fond de l'histoire m'a vraiment séduit. Partant d'un simple meurtre, on découvre peu à peu les trames des grandes organisation eugénistes qui inspireront quelques années plus tard les théoriques nationales-socialistes que nous connaissons. Le travail de recherche de l'auteur n'est pas forcément très poussé mais offre une information synthétique et de qualité sur ces fondements de notre triste histoire.

Pour revenir à l'histoire, donc, j'ai regretté le schéma trop classique du polar utilisé ici dans toute sa splendeur. Peu de surprise, des retournements de situation tantôt téléphonés (parfois même au vrai sens du terme), tantôt saugrenus, une fin prévisible... Rien dans les événements ne m'a particulièrement interpelé, et je pense que l'histoire peut s'oublier très rapidement.

Cela n'empêche pas cependant de passer un bon moment, avec des personnages très attachants, bourrés d'humour et d'auto-dérision. Pour moi, ce n'est vraiment pas ma lecture de l'année, mais je ne regrette pas non plus de l'avoir lu pour avoir passé un agréable moment.

Ma note:

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J'ai pu lire ce roman dans le cadre des partenariats éditeurs proposés par le site LivrAddict. Merci encore à eux et aux éditions Folio Policier de m'avoir fait découvrir gracieusement cet ouvrage.