perle

L'histoire (Résumé):

Kino, jeune pêcheur indien de Californie, vit dans une hutte dans un petit village de bord de mer. Le jour où son très jeune fils Coyotito se fait piquer par un scorpion, il se voit refuser l'aide du médecin cupide de la ville, ne pouvant s'affranchir des honoraires. Dans un dernier espoir dans sa course contre le poison, Kino part pêcher des perles en espérant récolter la perle rare qui pourra leur fournir l'argent nécessaire aux soins. C'est alors qu'il trouve une perle énorme, "la Perle du Monde". Mais très vite, cette richesse va attirer les convoitises. Tous les rêves et les espérances mis dans ce trésor se réaliseront-ils face à la cupidité des hommes?

 

Mes impressions de lecture:

J'aurai attendu beaucoup de temps pour me replonger dans John Steinbeck, dont le cultissime "Des Souris et des Hommes" reste encore parmi mes livres préférés. J'ai saisi l'occasion avec ce livre très court (120 pages), plus une fable qu'un roman, dont j'avais déjà entendu beaucoup de bien.

J'ai eu le plaisir de retrouver ici les thèmes qui m'avaient tant marqué dans "Des Souris et des Hommes": les rêves des nécessiteux, la sournoiserie des nantis, les espoirs intouchables, les destins tragiques. J'ai suivi intensément la quête de Kino et de sa femme Juana, leur dévouement pour sauver leur bébé, puis leur détresse pour échapper au destin qui se referme sur eux. Ces personnages particulièrement touchants m'ont profondément marqué, car ils représentent toute l'innocence et la pureté des êtres simples, proches de la nature, ignorants des vices de la race humaine. 

"La perle", c'est la bonne fortune qui devient une condamnation, la bénédiction qui attire l'enfer. C'est une allégorie à la cupidité, à la sournoiserie, à la jalousie. Celle-ci crée la méfiance, l'envie, le rejet. Une spirale infernale créée par une simple perle, symbole de bonheur et de pureté. C'est un livre simple qui touche par son réalisme. On n'est que peu surpris du dénouement, on sait que quelque chose arrivera tôt ou tard, et c'est pour moi le plus triste dans l'histoire: le fatalisme de Steinbeck est une fois de plus amené avec beaucoup de finesse et de poésie.

J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver le talent de peintre de l'auteur: son amour pour la nature crée des descriptions courtes mais vivantes, emportant totalement le lecteur au cœur même de son univers. Steinbeck utilise également une grande dimension auditive dans ce livre, notamment en illustrant les émotions de Kino par des "Chants" qui résonnent dans la tête du protagoniste: le Chant de la Famille, le Chant de l'Ennemi, le Chant de la Perle, etc... Un style qui pour moi est très efficace.

Finalement, je n'ai pas été déçu de mes retrouvailles avec Steinbeck, bien au contraire. Si comme moi vous hésitez à retourner vers cet auteur en passant par des pavés tels que "Les Raisins de la Colère" ou "A l'Est d'Eden", je vous conseille de lire "La Perle", qui en deux heures restitue toute la force et le talent de son auteur.

 

Ma note:

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