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L’histoire:

Oran est victime de la peste. Les autorités de la ville décident de fermer ses portes pour éviter la propagation de l’épidémie. Dès lors, la population s’organise pour faire face au fléau, qui de jour en jour prend des proportions monstrueuses.

 

Mes impressions de lecture :

Il fallait que je lise "La Peste", que j’avais laissé de côté après la page 100 à l’époque où j’étais encore au collège. C’est un pilier de notre littérature, un roman plein de richesse et de profondeur, dont je suis heureux d’avoir sorti une vieille édition écornée d’une étagère poussiéreuse.

L’arrivée de la peste à Oran par l’intrusion annonciatrice de rats crevés en plein jour plante le décor sordide à venir. Puis le fléau touche peu à peu les habitants, gagnant en intensité, frappant au hasard, séparant les familles, divisant les hommes, détruisant une communauté apparemment unie. Personne n’est à l’abri, même ceux qui prennent son parti. Et à travers les yeux du docteur Rieux, Camus dénonce cet épandage de misère qui laisse impuissant.

J’aimerais tellement avoir l’art de Camus pour manier les mots, car c’est réellement ce talent qui m’a vissé au livre. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion d’apprécier l’expression « le pouvoir des mots » dans toute sa splendeur. Ici, je me suis régalé. On sent que chaque mot est pesé, aucun n’est inutile, tous sont bien placés, chacun est lourd de sens. Que ce soit l’atmosphère d’Oran, le malheur des hommes, le désarroi du peuple, j’ai tout vu, j’ai tout vécu. J’y étais.

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De quelques maisons, pourtant, sortaient des gémissements. Auparavant, quand cela arrivait, on voyait souvent des curieux qui se tenaient dans la rue, aux écoutes. Mais, après ces longues alertes, il semblait que le cœur de chacun se fût endurci et tous marchaient ou vivaient à côté des plaintes, comme si elles avaient été le langage naturel des hommes. quotes2 

Mais ce roman, c’est bien sûr et surtout une condamnation de l’idéologie nazie qui a détruit des vies et des nations pendant des années auparavant. C’est avec cette subtilité que je me suis plu à faire le va et vient au cours de ma lecture. Jusqu’où pousse-t-il l’allégorie ? Quels éléments sont et ne sont pas transposables ? Et alors on réalise que tout est parfaitement aligné, la minutie de Camus dénonce sans prononcer de nom, si ce n’est celui d’un fléau dévastateur.

"La Peste" est bel et bien un classique incontournable, non seulement car à lui seul il justifie le Prix Nobel de Littérature reçu par l’auteur, mais également parce qu’il rassemble toutes les forces qu’on peut attendre d’un roman : des images fortes, une implication dérangeante, une allégorie tentaculaire qui embrasse les Fléaux du l’Histoire.

 

Ma note :

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