terrienne

 

L’histoire (Quatrième de couverture)

Tout commence sur une route de campagne... Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et passe... de "l'autre côté". Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie. Et se découvrira elle-même : Terrienne.

Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.

 

Mes impressions de lecture:

J’avoue être resté plutôt dubitatif au commencement de ma lecture de "Terrienne". Mon expérience récente, en demi-teinte, du "Combat d’hiver" (du même auteur), m’avait un peu refroidi quant au plébiscite autour de cet auteur. J’ai donc avancé prudemment avec ce nouveau roman. Une jeune fille est prise en stop par un écrivain septuagénaire, qu’il dépose à un croisement qu’il est incapable de retrouver lendemain. Une aura mystérieuse entoure alors le récit, mais j’attends de voir.

Puis Mourlevat emporte le lecteur dans un monde parallèle fascinant, tellement différent et troublant qu’il en devient hypnotique. Tout comme Anne, la protagoniste, j’ai voulu en savoir plus sur cet univers particulier où les gens ne respirent pas, ne ressentent pas, ne mangent que des aliments insipides, n’ont jamais chaud ni jamais froid. J’ai parfaitement ressenti le danger immobile dans lequel les personnages évoluent. Cet autre monde apparait austère, figé, amorphe. Tout est lisse, tout est silencieux, tout est terne. Ses habitants sont indifférents aux autres. Et pourtant on sent que la moindre incartade peut être fatale, car elle serait synonyme d’une mort de sang froid.

C’est original, c’est captivant, et la trame l’est tout autant. Anne doit sauver sa sœur, et elle va tenter d’y parvenir par tous les moyens, quitte à y laisser sa vie et celle des autres. Cette belle démonstration de force et de courage, d’ordinaire un peu surjouée, m’a plutôt séduit car je l’ai trouvée proprement emmenée. J’ai ressenti une véritable compassion pour cette jeune fille en proie au désespoir.

Dans ce roman, j’ai enfin pu ressentir les talents de conteur dont on vante l’auteur. On éprouve beaucoup d’émotions (au pluriel) tout au long du roman, un suspense soutenu, et un rythme d’enfer qui me faisaient refermer le livre à contrecœur.

Cependant, malgré cette addiction, je n’ai pas pu m’empêcher d’être gêné par certains manques de cohérence dans le monde décrit par l’auteur qui me laissent un arrière-goût d’inachevé. Des broutilles, des détails, mais auxquels je m’attache et qui déçoivent, un peu. En partant du postulat de départ que cet autre monde est aussi extrême (pas de sentiments, pas d’émotions), parfois ses habitants agissent (pour le bien de l’histoire) en contradiction avec ce que les « règles » sont supposées imposer. Le doute reste toutefois permis, mais j’aurais souhaité que l’auteur me les ôte.

Une très bonne découverte de l’auteur, avec un monde imaginaire qui donne envie d’aimer la Terre et ce qu’elle a à offrir, et prendre conscience de certains plaisirs simples. J’aurais toutefois préféré ne pas douter de la cohérence de certains éléments.

 

Ma note :

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Ce roman est le premier que je lis d’un lot de 12 romans que j’ai gagné cet été grâce au concours « Lectures d’été » organisé par On Lit Plus Fort… Gallimard Jeunesse. Merci donc à la maison d’édition pour cette belle opportunité de découvrir de nouveau titres !

Article lié : Le combat d’hiver, du même auteur.