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L'histoire (Quatrième de couverture):

«Encore six heures et je serai mort. Est-il bien vrai que je serai mort avant la fin du jour?» Bientôt, sa tête roulera dans la sciure. Jugé, emprisonné, enchaîne, il attend dans l'épouvante. Sa grâce lui a été refusée. «J'ai peur» - et notre peur grandit avec la sienne. L'aumônier viendra, puis les assistants du bourreau. Il montera dans la charrette, traversera la foule hideuse buveuse de sang. Au bout de la marche au supplice, l'apparition de la guillotine, et l'échelle qui mène à l'échafaud. On dit qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, mais qui le sait?

On ne sait rien de cet homme que la justice va assassiner, sinon qu'il est trop jeune pour mourir. Avec lui, nous vivons ce cauchemar, cette absurdité horrifiante de la peine capitale que personne avant Victor Hugo n'avait songé à dénoncer.

 

Mes impressions de lecture:

Ce court livre de 100 pages est désormais un classique de l'oeuvre de Victor Hugo, qui a relancé en Europe et ailleurs les mouvements à l'encontre de la peine de mort, depuis sa parution il y a près de 200 ans, en 1829.

Le premier pari de l'auteur dans la rédaction de son livre, c'est le style du roman. Il se présente sous la forme d'un journal où un condamné à mort rédige ses pensées, ses attentes, ses craintes. Nous ne savons quasiment rien de lui. Nous ne savons ni son nom, ni la raison exacte pour laquelle il est condamné. Quelques éléments nous indiquent qu'il est un jeune père de famille, issu d'un milieu aisé, et que son crime est d'une gravité toute relative. C'est donc un style peu banal que Hugo utilise ici, prenant le risque de confondre le lecteur dans un livre où le personnage principal, dont on ne sait rien, nous expose son monologue en omettant les circonstances du récit. Mais le but réel de l'auteur derrière cette technique, c'est d'identifier le lecteur à tous les condamnés à mort, quelles que soient les raisons de leur exécution.

Mais bien évidemment, le deuxième pari de l'auteur, et le but premier de ce roman, c'est de dénoncer l'absurdité de la peine capitale dans le pays fondateur des droits de l'homme. Nous suivons avec empathie la torture mentale de cet homme dont la fin approche inexorablement. Il sait que s'écouleront environ six semaines entre son jugement et son exécution. Dès lors, le temps disparaît rapidement, et pourtant chaque heure passée enfermé dans cette prison semble une éternité. Il repense à sa vie d'avant, à sa petite fille. Il observe également le monde carcéral autour de lui, ces hommes qui souffrent, ces criminels montrés du doigt qui ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes.

Le récit est court, prenant, direct. J'ai réussi à prendre du recul face à cet homme condamné, sachant d'avance que la fin serait fatale. En contre-partie, je ne me suis pas autant impliqué que je l'aurais dû pour apprécier la force des mots et des situtations. Néanmoins, j'ai facilement compris la puissance de l'oeuvre remise dans son contexte de l'époque. Un roman osé, provocant, certes, mais avec une cause honorable qui doit persister 200 ans après, car la peine de mort est encore bien présente dans le monde. Cette discussion reste un combat fondamental de la défense des droits de l'homme, et il divise encore.

peine_mort_mondeA croire toutefois que le mouvement relancé par Victor Hugo en France ait malheureusement plus inspiré les pays européens que la France elle-même. Ayant aboli la peine de mort en 1981, la France a été le dernier pays européen à cesser ce type de condamnations (bien que devenant plutôt rare dans les années 70). Aujourd'hui, de nombreux pays pratiquent encore la peine de mort, aux Etats-Unis bien sûr, et principalement en Asie du Sud-Est, Moyen-Orient et AFrique Orientale.

 

Ma note:

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Pour en savoir plus:

- Wikipédia: La peine de mort

- Wikipédia: La peine de mort en France