loupyestu

 

L'histoire (Quatrième de couverture):

Et si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement?
Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planètes. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Bref, tapies dans l'ombre d'Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles auraient dans leurs mains expertes le devenir de l'humanité.
Sinistre tableau!
Si de tels êtres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également. Qu'en ce début du XXIe siècle, ces personnages merveilleux s'éveillent et décident de se battre.
Et alors, qui sait de quel côté la balance pencherait...

 

Mes impressions de lecture:

On ne compte plus les commentaires élogieux sur la blogosphère sur ce roman français nouvelle génération. Quoi donc de plus normal que de m'y coller à mon tour, surtout lorsque l'acquisition du livre se fait auprès de l'auteur, lors du Salon du Livre de Paris 2011 (avec petite dédicace à la clé, tant qu'à faire) ?

L'histoire débute sur les Cendrillon et Belle au Bois Dormant modernes, qui vont malencontreusement mourir dans d'étranges circonstances, malgré leur survie à travers les siècles. Ne restent plus que Blanche-Neige et le Petit Chaperon Rouge comme uniques survivantes des légendes de notre enfance, menacées bien sûr par la terrible Marilyn Von Sydow qui s'allie à tous les tyrans de l'histoire pour faire régner le mal sur Terre. Voici en quelques mots la trame qui entoure ce roman, et qui se déroule peu à peu pour nous faire apprécier tous les tenants et aboutissants de cette histoire inattendue. Ajoutons à cela une paire de nains allemands, un Loup terrifiant, un Traqueur fort comme un boeuf, et un miroir magique, et on obtient le cocktail conçu par l'auteur inspiré par Grimm et Perrault.

J'ai certes apprécié l'originalité du récit, et l'audace de l'auteur à ressortir du placard des héroïnes poussiéreuses pour nous les livrer à la sauce 2011, et pourtant... je n'ai pas été emballé par ce livre outre mesure.

Heureusement, l'auteur m'avait prévenu que la lecture du roman en avait déconcerté plus d'un. J'ai donc su à quoi m'en tenir, et ai donc réfréné mon indignation de voir les grands drames du XXème siècle expliqués par les manipulations diaboliques d'une marâtre en mal de jeunesse. En fait, disons que le pari est osé, assumé, mais réalisé avec certaines facilités qui m'ont plutôt déçu.

J'ai eu l'impression que l'auteur, une fois son idée de fond posée, n'a pas fouillé à fond le potentiel de son histoire, en laissant de côté certains points qu'il aurait été intéressant d'approfondir. Les sorcières sont à l'origine des grands troubles historiques, avec comme pivot central dans les événements la seconde guerre mondiale. En dehors de ça, je n'ai pas vraiment réussi à percevoir une cohérence dans la logique de l'auteur: les motivations, la fluidité temporelle (que s'est-il passé pendant tout ce temps? quel a été le vrai rôle des sorcières dans les autres grands événements historiques? etc.). Disons que, quitte à jouer la carte de l'Histoire, autant la faire à fond, et non pas s'en servir comme prétexte pour introduire les petits éléments de l'intrigue qui ficellent l'ensemble. En somme, j'ai trouvé le tout plutôt décousu.

Au niveau du style, Henri Courtade a une écriture très fluide et très agréable à lire, sans prétention, même si j'ai parfois eu l'impression que quelques figures de style étaient un peu forcées, un peu maladroites. L'articulation du roman, en revanche, peut déstabiliser, car l'auteur joue les va-et-vient entre passé et présent sans autre préavis que l'ouverture d'un nouveau chapitre. Heureusement, on s'habitue rapidement et on apprend à ne pas trop se perdre.

En conclusion, une certaine déception donc, avec un concept intéressant, des personnages bien façonnés et construits, et une trame de fond que je n'ai pas trouvée assez travaillée par rapport à l'audace dont elle fait l'objet. Mais je suis certain qu'en faisant abstraction de ce qui m'a gêné (qui est, j'en suis certain, très personnel), les lecteurs curieux adoreront retrouver un Petit Chaperon Rouge en styliste londonienne à moitié nymphomane, et une Blanche-Neige en discrète vendeuse de tickets de musical sur Times Square.

 

Ma note:

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