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L'histoire (Résumé):

A sept ans Edgar Presley Mint se fait écraser la tête par la voiture du facteur. Contre toute attente il survit. Commence alors pour Edgar une vie pleine de tribulations. Il passe deux ans à Saint-Divine, un hôpital peuplé de personnages délirants, il est ensuite envoyé dans un orphelinat puis placé dans une famille d'accueil des plus excentriques. C'est alors qu'il décide de partir à la quête du facteur.

 

Mes impressions de lecture:

Ce qu'on ne sait pas à l'ouverture de ce roman, c'est qu'Edgar Mint, au-delà de nous réserver une histoire haute en couleurs, est un Indien d'Amérique métissé. Rien que pour ça, j'ai tout de suite accroché, car peu de mes lectures couvrent ce type de personnages, et avoir ce contraste Amérique "rouge" contre Amérique "blanche" en fond m'a beaucoup plu, donnant un certain relief en plus de l'action centrale. Pour ce garçon, être métis (mère indienne [alcoolique] et père "anglo" [qui a décampé après la conception]) signifie dès la naissance devoir porter une différence et un questionnement identitaire.

Sa vie (paradoxalement) commence à sept ans, le jour où le facteur lui roule sur la tête et lui défonce le crâne. Mais il survit. Laissé entre la vie et la mort dans une clinique reculée, Edgar n'a plus de nouvelles de sa famille qui le laisse entre les mains des infirmières et de ses partenaires de chambrée. Commence alors pour lui un parcours initiatique où il va devoir trouver sa place au milieu de ce monde qui semble le rejeter, mais qui n'arrive pas à se débarasser de lui. Cette solitude attachante l'emmène sur des réflexions déformées par son histoire et la dureté de son expérience, qui l'obligent dès l'enfance à faire des choix compliqués. Alors un seul but s'impose à lui: retrouver le facteur qui lui a roulé dessus et qui le croit mort depuis.

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Depuis quelques semaines, les médecins cherchaient le moyen de pallier une conséquence des dommages subis par mon cerveau: Edgar ne pouvait pas écrire. Pour la lecture, il était champion, [mais] il était incapable de tracer ne serait-ce qu'un cercle ou un simple trait

De même que pour presque tout ce qui le concernait, les médecins n'en revenaient pas: ils n'avaient jamais rien vu de pareil. "Dysgraphie", voilà le mot qu'ils finirent par utiliser pour qualifier son trouble, un mot qui signifie simplement "difficulté dans l'exécution de l'écriture". "Tu es dysgraphique", m'annoncèrent-ils, soulagés, comme si leur diagnostic devait résoudre quoi que ce soit . quotes2 

Pris dans son désir d'évasion, mais prisonnier d'une clinique, puis d'un orphelinat aux règles officieuses impitoyables, Edgar se réfugie dans un monde qui lui appartient, où son bien le plus cher est une vieille machine à écrire ainsi qu'un bout de désodorisant pour urinoirs. Ses amis sont peu nombreux, peu présents, mais Edgar saura faire appel à eux quand le beosin s'en fera sentir. Car malgré la discrétion de ses relations, Edgar sait construire des connexions fortes  et honnêtes avec ceux qui lui sont chers.

J'ai trouvé l'évolution du personnage, que nous suivons principalement de sept à seize ans, très bien décrite. Le lecteur s'attache facilement pour ce pauvre gamin paumé qui n'a jamais rien fait de mal qu'avoir frôlé la mort et naître métissé. Certains choix irrationnels, conduits par ses yeux d'enfant, ne peuvent qu'apparaître attendrissants. Tantôt dure, tantôt drôle et légère, son histoire a trouvé un bel équilibre à mes yeux, avec beaucoup de cohérence et d'empathie.

Sur la quatrième de couverture, l'éditeur ose une comparaison avec John Irving et son Garp (que j'adore). On peut facilement avancer que ce type de comparaison est très présomptueux, mais il est vrai qu'on retrouve une nette inspiration irvingienne dans le style d'Udall. En particulier, le jeune Edgar souffre de sa solitude et de son incompréhension du monde qui l'entoure. Le gaçon semble condamné à rester un étranger toute sa vie. Et puis le dénoument également n'est pas sans rappeler les rebondissements chers à Irving qui bouclent parfaitement avec le début du roman. De ces conclusions qui donnent envie de retourner aux premières pages afin de mieux comprendre les subtilités.

J'ai donc passé un très bon moment à la lecture de ce roman, qui s'inscrit sans problème dans la lignée des auteurs contemporains américains que j'affectionne. Une très bonne découverte donc, malgré quelques passges un peu poussifs  sur la fin qui ne peuvent que réserver mon jugement sur ce roman, mais me donner grandement envie de découvrir un peu plus Brady Udall. Si vous aimez ces histoires décalées de quête de soi et d'événements inattendus, n'hésitez pas!

 

Ma note:

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