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L'histoire (Quatrième de couverture):

Elle, c’est la Mère, la Mère nourricière. Et eux, ses enfants. Elle en a six cents, sans compter ceux qui sont partis. Ouvriers, ingénieurs, travailleurs ardents. Plus ou moins beaux, plus ou moins doués, comme tous les enfants d’une même portée. Elle s’efforce néanmoins de tous les aimer.

On l’appelle la Mère SINOC : Société Industrielle Nautique d’Objets Culbutos. En français dans le texte : elle fabrique des ustensiles de plaisance qui ont la particularité de ne jamais se renverser en mer, même par temps de tempête. 

La Mère SINOC fait vivre toute la ville. Ses enfants lui doivent tout. Elle leur a tout donné. Elle veut être fière d’eux. Du même coup, elle ne leur pardonne rien. C’est ainsi : même avec ses propres enfants, il arrive d’être arbitraire et injuste. C’est probablement le danger des familles trop nombreuses…

 

Mes impressions de lecture:

« Frère animal », c’est la rencontre entre un écrivain, Arnaud Cathrine, et un auteur-compositeur, Florent Marchet, qui ont décidé de raconter une histoire en musique. A vrai dire je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre sur cet audio-livre, ou plutôt ce  "roman musical" comme le définit l’auteur : si j’allais y découvrir uniquement une musique d’ambiance accompagnant ma lecture, des chansons façon comédie musicale, ou tout simplement un texte lu ? Finalement rien de tout ça, et tout à la fois.

Chaque chapitre se découpe en "tableaux" qui mêlent lecture avec intonations (principalement) et chansons (légèrement), sur un fond musical qui plante l’ambiance. On découvre ainsi les différents protagonistes, qui soit partagent leurs réflexions avec le lecteur-auditeur, soit échangent sous forme de lettres ou de discussions directes. Indéniablement ce format est original, et s’impose comme un essai artistique qui a suscité ma curiosité.

Je dois toutefois avouer que, malgré l’intérêt qui se cache derrière ce pari, j’ai été dérangé par le rythme qu’impose ce format. Les pistes ainsi montées n’ont pas l’entrain d’une chanson, qui elle peut se permettre d’étaler un texte court sur plusieurs minutes. Face à quoi, le lecteur n’a pas le loisir de lire le support papier de lui-même à un autre rythme, puisque tout l’intérêt réside dans l’écoute du CD. Par conséquent, je me suis senti comme "bloqué" dans ma lecture, freiné. Peut-être aurais-je dû laisser de côté le livre, mais alors je n’aurais pas vraiment eu le sentiment de "lire"… J’ai également regretté certains passages "forcés" en chanson, alors qu’une simple lecture aurait été plus judicieuse. Certains moments m’ont ainsi paru un peu exagéré, et donc ridicules. 

L’histoire en revanche a su m’entraîner dès le début. SINOC est une entreprise de six cents employés implantée en région rurale dans un petit village. Par conséquent, c’est elle qui fait vivre les habitants du coin : elle devient "la Mère nourricière", image que j’ai beaucoup aimé, et qui constitue le cœur du récit. En se focalisant sur le jeune Thibaut, ainsi que ses proches, les auteurs dénoncent certaines facettes de la vie d’entreprise : la dépendance des ouvriers et leur enfermement auprès de cette Mère, les méthodes peu scrupuleuses des ressources humaines, les rêves d’évasion pour quitter le conditionnement de cette machine économique… 

Le récit reste assez concis, et pourtant l’histoire tient la route. Les phrases sont forcément courtes et se doivent d’aller à l’essentiel, ce qui procure le dynamisme dont le format manque un peu. Les personnages s’identifient bien, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher à eux, et pourtant j’ai rapidement partagé leurs sentiments. L’analyse de leurs sentiments est très bien retranscrit, aussi bien par les mots que par la musique. C’est pour le gros point fort des auteurs qui ont su créer l’empathie pour leurs personnages malgré la distance que le lecteur-auditeur pourrait ressentir.

En conclusion, je dirais que ce livre est une expérience originale plutôt plaisante, qui apporte une réelle profondeur à la lecture, quoique déconcertante sur certains aspects. L’histoire de « Frère animal » n’en reste pas moins très bien écrite, intelligente, qui absorbe le lecteur.

 

Ma note:

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