hommedekaboul

L'histoire (Synopsis de l'éditeur):

 

Quand Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul, ancien héros de guerre contre les Russes et les talibans, découvre le cadavre de Wali Wadi, il n’imagine pas déclencher l’une de ces séries de minuscules événements qui se terminent en raz de marée. D'après Oussama, l’homme qui gît au milieu de son magnifique salon, une balle dans la tête, ne peut en aucun cas s’être suicidé, comme l’affirme le ministre de la Sécurité. Profondément intègre, opposé à la corruption qui gangrène son pays, Oussama croit en la justice. Par fidélité à ses principes, il refuse de classer l’affaire. Au contraire, en compagnie de ses fidèles adjoints, il s’acharne à remonter les pistes, à exhumer les vérités travesties. Dès lors, il est l’homme à abattre. Une aide inespérée lui vient d’un étrange personnage, mollah Bakir, un taliban sorti d’Oxford sans doute plus dangereux qu’il n’en a l’air.

À l’autre bout du monde, en Suisse, le jeune Nick, analyste dans les services secrets, est lancé sur la piste d’un fugitif, dirigeant d’une entreprise très opaque aux ramifications internationales. L’homme s’est volatilisé avec un rapport secret qui paraît affoler plusieurs gouvernements. Quand il comprend que son organisation assassine des innocents dans sa quête désespérée pour retrouver le fugitif, Nick se révolte. Il découvre les sanglantes tentatives d’élimination dont a été victime, à Kaboul, un certain commissaire Oussama Kandar.

Oussama l’Afghan, Nick le Suisse et Bakir le mollah : ce trio improbable se retrouve dans les hautes montagnes d’Afghanistan, en des lieux sauvages contrôlés par des hommes qui tuent au nom de Dieu. Là se terre sans doute l’homme qui connaît la vérité. Là est caché le rapport recherché par tous. Mais choisiront-ils de révéler au monde ce qu’ils apprendront ? Ou accepteront-ils de se taire au nom d’intérêts supérieurs ?

 

Mes impressions de lecture:

 

Inutile de préciser que l’Afghanistan est un pays stigmatisé que tout bon Occidental que nous sommes regardera de loin, avec bien peu de considération, déjà bien content de savoir le placer sur une carte. Car malheureusement, moins on en sait, mieux on se porte. L’Afghanistan est presque devenu un pays fantôme. Je schématise, évidemment… Quoique… 

J’avoue, je ne sors pas beaucoup du lot, ne connaissant que très peu (voire pas du tout) ce pays qui fait peur à cause des symboles qui y sont rattachés et de l’image que l’on en a. Et c’est en ça que je remercie en premier lieu ce roman qui offre une lumière nouvelle au lecteur dans sa découverte de ce pays. Je suis certainement mal placé pour émettre un jugement, mais j’ai trouvé le travail de recherche de l’auteur absolument impressionnant sur tous les éléments et descriptions qui jalonnent le récit, aussi bien au niveau géopolitique, que culturel, historique et religieux.

La double enquête menée depuis la Suisse et l’Afghanistan (qui finira bien évidemment par n’en faire qu’une) est prenante du début à la fin. Je ne connaissais pas l’œuvre de Cédric Bannel, mais je dois avouer qu’en matière de thriller, il sait rythmer son récit d’une main de maître. Très sensible aux détails et à la cohérence des faits dans ce genre de récits, je me suis laissé emporter sans m’exclamer ni m’indigner, transcendé par la plume fluide de l’auteur, et son goût du suspense et de l’aventure. 

Le lecteur peut suivre, en chassés-croisés, Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul enquêtant sur un meurtre déguisé en suicide, et Nick, jeune membre suisse de « l’Entité », tentant de retrouver les traces d’un fugitif recherché par les plus hautes autorités. J’ai trouvé la superposition de ces deux enquêtes très bien réalisée, facile à suivre. Chacun de ces personnages est un exemple de courage et de persévérance dont l’intelligence et l’humanité m’ont marqué, sans pour autant tomber dans le cliché larmoyant. Leurs enquêtes controversées vont les conduire vers des dangers de tous les instants, qui font que le récit va à cent à l’heure du début à la fin, sans que le lecteur ne se fatigue, jusqu’à la grande révélation finale (qui n’intervient que dans les toutes dernières pages !).

L’action est également au rendez-vous et le réalisme des événements est saisissant. Bannel n’hésite pas à dénoncer les travers du régime afghan, la terreur talibane qui règne dans le pays, ni les dysfonctionnements de la Coalition, avec une objectivité remarquable et un détachement appréciable pour tout lecteur naïf tel que moi. De nombreuses scènes sont dures, injustes, et pourtant le lot quotidien du peuple afghan. Le lecteur doit les supporter en toute pudeur, humblement. Et pourtant Bannel parvient à supprimer toute impression anxiogène de son récit, raccourci qui aurait été facile, mais fatal à l’œuvre.

Ce roman fait partie de ceux qui me donnent l’impression de m’enrichir tout en me divertissant. Je ne pensais pas que je pourrais dévorer autant de pages sur l’Afghanistan et sa réalité avec autant de plaisir. Les réflexions sont présentes, accessibles, réelles. J’ai littéralement accroché, et comprends désormais que l’éditeur le positionne dès sa parution dans la collection « best-sellers ». Un thriller original, dépaysant, palpitant

Je remercie chaleureusement Canalblog (dont l’auteur est le Président ;) ) et les éditions Robert Laffont pour m’avoir permis de découvrir gracieusement cet ouvrage encore au stade d’épreuve, avant sa parution prévue le 3 mars 2011.


Ma note:

book_note_book_note_book_note_book_note_book_note_demi