loupamatable

L'histoire (Quatrième de couverture):

Pour le petit Augusten, son père est une présence fantomatique, à peine signalée par une toux ou des volutes de tabac dans l'obscurité d'une pièce. Ce géniteur dévoré de psoriasis, Augusten l'aime plus que tout et ne souhaite qu'une chose : le lui prouver. Mais ce dernier en a décidé autrement et peu à peu, l'amour se mue en une haine tenace et acerbe. Jusqu'à ce qu'entre eux deux, commencent de drôles de jeux… Une autofiction introspective, angoissante et hors des sentiers battus, auscultant les traumatismes de l'enfance et le dysfonctionnement familial avec singularité et impétuosité.


Mes impressions de lecture:

Dans la lignée de ses romans à tendance autobiographique, Augusten Burroughs nous parle ici de son enfance, en particulier de sa relation avec son père. Ce dernier roman se positionne historiquement avant les précédents opus de l'auteur (plutôt orientés vers son adolescence et sa jeunesse).

L'histoire commence à son premier souvenir, vers un an, et pas à pas nous emmène vers ses huit ou neuf ans, où se termine le livre. Augusten nous parle de sa mère, à la fois protectrice et distante, à tendance maniaco-dépressive, et de son frère, un tantinet débile, avec qui il n'aura finalement que peu d'interactions. Et son père. Son père qu'il veut aimer, mais qui ne montre aucun signe d'affection pour son fils.

C'est autour de ce malaise que se déroulent ses souvenirs d'enfance, sujets à une introspection qui tente d'expliquer les troubles qui le hantent aujourd'hui. Le lecteur adopte le regard de ce petit garçon, qui ne comprend pas qu'un père puisse autant le rejeter, sans pour autant lui être hostile. Il souhaiterait le détester, stade auquel il arrivera à un certain point, mais en même temps, ce père n'est ni violent, ni odieux - il le rejette juste.

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Je me suis demandé: Si je criais, est-ce qu'ils se tourneraient brusquement vers moi pour me regarder? Ou resteraient-ils inaccessibles? J'avais déjà poussé des cris sans retenir leur attention. J'avais essayé maintes fois de faire en sorte qu'ils me regardent. »


A vrai dire, j'ai été moins séduit par ce roman que par "Courir avec des ciseaux" par exemple. Peu d'action, peu de d'humour. L'auteur souligne la noirceur de l'ambiance qui règne dans son foyer, les évènements qui le mènent peu à peu à rêver la mort de ce géniteur qui ne mérite pas le nom de "père". Plutôt sombre et angoissant, je ne me suis pourtant pas emballé au cours de ma lecture, attendant un retournement de situation qui n'a finalement pas lieu.

J'ai néanmoins ressenti beaucoup d'empathie pour cet enfant en manque d'amour. Le talent d'écriture de Burroughs reste là pour communiquer des sentiments forts et des situations grinçantes, comme lorsque Augusten "fabrique" un papa à partir de vêtements de son père, rembourré avec des oreillers, pour pouvoir le serrer dans ses bras et s'endormir à ses côtés.

Loin d'être désagréable à lire, "Un loup à ma table" reste pour moi un volume en-dessous du reste de l'œuvre de l'auteur que j'apprécie beaucoup. Ce livre se destine plutôt aux lecteurs assidus qui souhaiteront mieux comprendre l'enfance de ce garçon si intrigant, que l'on a découvert dans les précédents romans du Burroughs.

 

Ma note:

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