metamorphose

 

L’histoire (Résumé):

Le jeune Gregor Samsa vit avec ses parents et sa sœur Gretel. Commercial itinérant, « voyageur », il entretient l’ensemble de sa famille et leur offre un confort « modestement bourgeois ». Mais un matin, Gregor se réveille sous une autre forme ; il n’est plus humain, métamorphosé en insecte géant. Ne pouvant plus communiquer, il va se retrouver rejeté par les siens, par son employeur, et s’enfermer peu à peu dans la solitude de sa chambre où il est reclus. Il va souffrir du nouveau regard que lui portent ses proches, jusqu’à se dégoûter lui-même de cette nouvelle condition d’insecte encombrant.


Mes impressions de lecture:

Voilà un classique qu’on ne présente plus, et que j’aspirais à lire depuis quelque temps déjà. Roman très court (à peine une centaine de pages), il m’est très difficile d’en parler sans tomber dans une pseudo-analyse littéraire, que je n’aurai pas la prétention de porter sur cet ouvrage déjà plus que largement décortiqué et étudié. Cette édition bénéficiant de la préface et des notes de Claude David (traducteur du roman), j’ai pu facilement comprendre les subtilités du récit. 

Ainsi, à travers cette métamorphose, on assiste à l’enfermement total d’un individu, d’abord du monde extérieur, puis de l’amour de ses proches, ou de n’importe quel autre être humain, et enfin le rejet de lui-même. A mi-chemin entre la libération de l’oppression capitaliste (certains auteurs voyant cette métamorphose comme une échappatoire au monde du travail et de ses règles – cf. Préface) et le châtiment suprême de la perte d’identité, de l’isolement, le lecteur suit cette descente dans l’oubli à travers les yeux de Gregor, prisonnier de sa condition.

J’ai suivi cette histoire avec beaucoup de curiosité, intrigué du sort réservé à ce « cancrelat », qui reste néanmoins le fils prodige qui subsistait aux besoins de sa famille. J’ai donc été choqué du sort que ses parents et sa sœur lui réservaient, ne cherchant pas à adopter l’insecte, le reléguant finalement au statut de « chose ». En dépit du caractère fantastique de cette métamorphose, le réalisme des situations est poignant. Pas de happy end, pas de compassion. Les attitudes sont difficiles à accepter : pendant que le lecteur est pris de sympathie envers ce pauvre insecte blessé, le reste du monde le rejette. 

Kafka nous expose également ici les relations compliquées d’un cercle familial : les dimensions œdipiennes de Gregor avec son père et sa mère, la complicité perdue avec sa sœur, l’influence patriarcale sur la famille, … Il est ainsi intéressant d’apprendre que l’auteur s’identifie en fait entièrement à ce personnage auquel il donne son histoire et ses pensées (« Samsa » / « Kafka »… assez proche, non ?).

Finalement, c’est une approche plutôt distrayante et simple que j’ai pu faire du grand Kafka à travers ce court roman original et inquiétant. Je ne connais pas du tout le reste de son œuvre, mais « La Métamorphose » m’a donné envie d’en savoir un peu plus… si tant est qu’elle reste aussi facile d’accès pour un non-initié tel que moi !


Ma note :

Je ne saurais noter un livre aussi court et aussi renommé. Donc exceptionnellement, pas de note !