vengeancealacity

L'histoire (Quatrième de couverture):

Pourquoi Crawford, arrogant et ambitieux président d'un groupe électronique veut-il racheter son concurrent Byfield plc. ? Logique stratégique ou plan machiavélique ? Quel terrible secret nourrit son avidité ?

Avec un suspense sans faille, cet étonnant thriller sur le rachat d'une entreprise joue sur les faux-semblants pour mieux dérouter le lecteur dans cette histoire de vengeance et de trahison où le manipulateur n'est pas forcément celui que l'on croit...

 

Mes impressions de lecture:

Ce roman se positionne sur un type bien particulier que je ne connaissais pas: le thriller financier. L'idée repose en effet sur des agressions et manipulations économiques et financières, sur fond de vengeance masquée avec passé houleux et révélations sulfureuses. Voilà ce qui, selon moi, pourrait faire le succès de ce type d'histoire.

Seulement, avouons-le tout de suite, même si j'ai bien senti que les auteurs de ce roman souhaitaient aller dans cette direction, je n'ai retrouvé ici qu'un ersatz de thriller qui est plutôt retombé à plat... Je m'explique.

L'ouverture du roman plante bien le cadre dans lequel se déroule cette histoire: le monde véreux de la City, où les traders et chefs d'entreprise n'ont pas le droit à l'erreur, sous peine d'être descendus en flèche par l'ensemble de la communauté, et voir leur réputation traînée dans la poussière. J'ai vraiment apprécié ce regard critique de la part des auteurs, qui partagent finalement avec nous leur vision d'un monde qu'ils connaissent bien, puisqu'eux-mêmes issus du business.

quotesLa clé de leur avenir se trouvait de l'autre côté de l'Atlantique, à Wall Street, là où les heureux élus travaillaient quinze heures par jour et où un trader qui ne décrochait pas un million de dollars de prime annuelle était considéré comme un raté..  »


Puis vient le lancement de l'OPA (Offre Publique d'Achat) de Crawford sur son concurrent Parker. Ici aussi, on sent que les auteurs sont à l'aise pour nous décrire l'atmosphère tendue dans l'une et l'autre des sociétés: les choix stratégiques de gestion, les relations au sein du conseil d'administration, l'approche des banquiers et des consultants... Le tableau est complet, quoique je pense difficile à appréhender pour un non-initié. Le vocabulaire n'est pas très complexe, mais je pense qu'il faut un minimum de notions de gestion des affaires pour comprendre les questions de fond et les rapports de force qui se créent.

A partir de ce moment, on comprend qu'une relation complexe doit unir Crawford et Parker, et que cette OPA hostile est le fruit d'une rancœur ancienne et secrète. A vrai dire, les auteurs tentent vainement d'éveiller les soupçons du lecteur de manière pas du tout subtile - en bref, en mettant les pieds dans le plat. De deux choses l'une, soit la rancœur en question torture les personnages, et se ressent dans le récit et implique le lecteur, soit on l'omet, on ne la mentionne pas, et alors on la jette à la face du lecteur dans le dénouement pour expliquer l'ensemble. Mais raté, les auteurs n'ont fait ni l'un ni l'autre.

Malgré une bonne idée de départ et un cadre bien posé, j'ai trouvé que les auteurs étaient passé complètement à côté de l'histoire qu'ils auraient pu créer à partir du contexte établi. J'ai trouvé cette "vengeance" assez mal trouvée, sous-exploitée, sans réel fondement. En lisant la "révélation", je me suis dit: "Sérieusement?! Non, il doit y avoir plus que ça, ils doivent en dévoiler plus dans les dernières pages?!" Mais non, c'était tout. Alors j'ai ravalé ma déception, et j'ai terminé ma lecture sans émotion, pour en finir.

Enfin, j'ai regretté que certains personnages intéressants, sur lesquels les auteurs passent du temps, aient été sous-exploités également, voit finalement complètement inutiles dans le nœud de l'intrigue. Je pense notamment à Mark Chima, membre du conseil d'administration de Parker, intelligent, à la vie de famille monotone, et constamment tenté par l'adultère. Ses compétences et sa personnalité ne servent pas du tout à l'histoire. Il est là, on l'aime bien, mais force est d'admettre... qu'il ne sert à rien.

En résumé, ce roman à quatre mains s'enrichit de l'expérience de ses auteurs à la City, mais malheureusement je ne pense pas que ce coup d'essai en matière de thriller soit une réussite. Le livre se lit bien, l'univers est prenant, mais la déception est grande lorsque le lecteur se rend compte qu'il n'y a aucune surprise de taille qui mérite qu'on le lise avec passion. Dommage.

Je remercie en tout cas vivement Livraddict et les éditions Maxima pour m'avoir fait découvrir ce livre, et surtout ce style de roman que je ne connaissais pas du tout.


Ma note:

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