mariequilouche

L'histoire:

Marie et Sylvie sont meilleures amies. La première a un physique ingrat, tout droit, sans aucune rondeur, et elle louche. Elle admire sa meilleure amie, Sylvie, plantureuse et jolie, sur laquelle tous les hommes se retournent. Tous les matins Marie coiffe les cheveux de Sylvie, qui elle ne rêve que de richesse et d'ascension sociale. Car les deux jeunes filles sont issues de milieu modeste, au cœur de la campagne charentaise. Toutes les deux s'imaginent un futur à la capitale, où Marie serait la servante de son amie, et s'occuperait d'elle comme elle l'a finalement toujours fait.

En 1922, âgées de dix-sept ans, elles se font engager en tant que bonnes dans un petit hôtel de La Rochelle, pendant l'été. L'argent ainsi gagné leur permettra de partir pour Paris et de conquérir leurs rêves. Mais un triste événement menace de rompre l'amitié des deux filles. Une faille commence à s'ouvrir entre elles. Leurs rêves en seront-ils affectés? Seraient-il possible que les deux meilleures amies vivent l'une sans l'autre?

 

Mes impressions de lecture:

Ce roman se découpe en deux actes: la montée des demoiselles ensemble à Paris en 1922, et leurs retrouvailles près de trente ans plus tard. Pour ma part, j'ai préféré partagé les années jeunesse de la première partie, pleines de découverte et d'ingénuité. Les jeunes filles découvrent Paris et les défis auxquels elles doivent faire face. C'est également là où s'impose la déchirure qui s'installe entre les deux amies, victimes de leurs différences. Marie gagne en confiance et indépendance, tandis que Sylvie affiche sa nature égoïste et manipulatrice. Se profile ainsi le tableau du deuxième acte, trente ans plus tard.

J'ai en revanche eu beaucoup plus de mal à apprécier cette deuxième partie. On comprend que Sylvie se trouve dans une situation où se mêlent histoires d'adultère, d'héritage, et de famille bourgeoise. Mais j'ai finalement trouvé l'ensemble assez décousu, difficile à appréhender. L'auteur souhaite jouer sur les révélations pas à pas, avec du suspense, mais je n'ai personnellement pas adhéré à cette stratégie qui m'a plutôt ennuyé. Car le fond de l'histoire n'est pas vraiment intéressant. Je n'ai pas du tout vibré aux événements qui s'abattent sur Sylvie, qui procède lentement à sa propre descente aux enfers. Pendant ce temps, la mollesse de Marie, qui accepte toutes les requêtes de Sylvie, quand vraisemblablement celle-ci a perdu de son pouvoir sur Marie, m'a plutôt énervé. 

Au final, je ne saurais pas dire si j'ai aimé ce roman, ou si je l'ai en fait détesté. J'ai eu l'impression de m'ennuyer, mais je n'ai pas réussi à le lâcher pour autant, le lisant avidement jusqu'à la fin, en attente de savoir ce qu'il se passerait... Pour se rendre compte qu'au final il ne se passe pas grand chose... Et ça a été le plus frustrant au final.

Car la conclusion du roman est finalement un peu sombre, dérangeante, limite malsaine. Le lien entre les deux femmes aura suivi un fatalisme sordide, où ce qui est censé arriver se produit, aussi lugubre soit-il. J'ai refermé ce livre avec une légère tache sombre à l'intérieur de moi.

Ajoutons à ça un style qui manque de constance, parfois difficile à suivre. En particulier, j'ai eu souvent du mal à lier certains dialogues avec la personne censée s'exprimer. Les rappels des interlocuteurs n'est pas souvent fait, et parfois je n'ai juste pas saisi qui parlait, malgré le contexte.

"Marie qui louche" est donc pour moi un premier contact avec le prolifique Georges Simenon, très mitigé, entre une première partie intéressante, et une seconde partie décousue et dérangeante. J'ose supposer qu'il ne s'agit pas ici de son meilleur roman, compte-tenu des succès incontestés du commissaire Maigret.


Ma note:

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J'ai pu lire ce roman dans le cadre des partenariats éditeurs proposés par le site Livraddict. Merci encore à eux et aux éditions Le Livre de Poche de m'avoir fait découvrir gracieusement cet ouvrage.