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L'histoire (Résumé):

Le jour où Bruno, jeune garçon allemand, est forcé de déménager de Berlin avec sa famille pour s'installer dans une petite maison bourgeoisie à "Hoche-vite", celui-ci est malheureux de devoir quitter ses amis et cette maison qu'il adore explorer. A Hoche-vite, tout est triste il n'y a personne avec qui jouer, surtout pas sa grande sœur Gretel en pleine crise d'adolescence. Pourtant il en voit des enfants, avec leurs parents, là-bas, derrière le grand grillage, tous habillés de la même façon, en pyjama rayé. C'est au fil de ses explorations interdites que Bruno va se lier d'amitié avec l'un d'eux. D'innocence en révélations, les deux garçons vont partager leur regard d'enfant sur le monde de part et d'autre du grand grillage. Est-il possible qu'un jour les deux amis soient réunis?

 

Mes impressions de lecture:

On peut dire que ce livre est très présent sur la blogosphère, généralement accompagné de nombreux éloges, et ne peut qu'attirer la curiosité. Depuis quelques mois dans ma PAL, j'ai finalement décidé de le sortir et de le laisser me révéler son histoire poignante.

Bien évidemment, comme beaucoup de personnes je pense, j'ai refermé ce livre avec un pincement au cœur et une certaine émotion. L'histoire est grave, triste, mais vue avec tellement d'innocence, que notre regard d'adulte n'en est que plus pesant et coupable. Ils ne savent pas, nous on sait, et on se sent impuissants face à la tournure des événements. L'issue est inévitable.

Pourtant, au cours de ma lecture, j'étais un peu déçu par rapport à mes attentes. Je trouvé que l'histoire manquait de punch, que les situations ne s'enchaînaient pas très vite. Bruno est coincé dans cette nouvelle maison, et il s'ennuie. Mais très vite, on s'ennuie avec lui. C'est ce que j'ai un peu regretté.

Et puis je n'ai pas beaucoup aimé Bruno. Je m'en veux d'ailleurs de ne pas l'aimer, je ne devrais pas, car il ne sait pas, mais malgré moi il m'a profondément énervé. Il se plaint de sa condition, de son ennui, de sa sœur, ce qui est totalement déplacé et malvenu dans cette situation. Évidemment, c'est justement ce sur quoi joue l'auteur, faire ressortir l'horreur des conditions de vie des prisonniers, en les confrontant avec les préoccupations insouciantes d'un jeune bourgeois, dont le père n'est autre que le bourreau des autres... Il n'empêche que ce surréalisme m'a dérangé, refusant d'accepter la candeur de l'enfant.

Malgré tout, je ne peux pas enlever à cette œuvre sa force. L'histoire est magnifiquement amenée, l'idée est belle, pure, originale. Les échanges pleins de symboles. Les flashbacks poignants de vérité. Et la fin... bouleversante. J'ai beau ne pas avoir aimé certains aspects, ce sont peut-être aussi ces aspects qui rendent sa force à l'histoire. On se sent coupable: coupable de laisser tout ça arriver, coupable de ne pas raisonner ce jeune garçon imprudent. Pour lui tout n'est qu'un jeu, mais on sait, on sait tout, et on ne peut rien dire, et personne ne peut rien lui dire, car il est du "bon" côté du grillage...

Difficile d'en dire plus sur ce livre: soit on dit tout, soit on ne raconte rien, je fais le choix de rester assez évasif pour laisser à chacun l'occasion de le découvrir par lui-même. On peut critiquer le style, remettre en question le réalisme des scènes, trouver des longueurs, détester les personnages, mais on ne peut que ressortir marqué de ce livre, quoi qu'on en dise.

 

 

Ma note:

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