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L'histoire (Quatrième de couverture):

"Meggie, douze ans, vit seule avec son père, Mo. Comme lui, elle a une passion pour les livres. Mais pourquoi Mo ne lit-il plus d'histoires à voix haute ? Ses livres auraient-ils un secret ? Leurs mots auraient-ils un pouvoir ? Un soir, un étrange personnage frappe à leur porte. Alors commence pour Meggie et Mo une extraordinaire aventure, encore plus folle que celles que racontent les livres. Et leur vie va changer pour toujours..."


Mes impressions de lecture:

"Cœur d'encre" est le premier volet de la trilogie éponyme, qui a connu un grand succès partout dans le monde, et a également été adaptée au cinéma (bien que je n'aie pas vu le film, les quelques critiques que j'en ai entendu me le feraient qualifier de "navet"...). Un best-seller de littérature jeunesse? Voilà quelques mots qui ne pouvaient qu'attiser ma curiosité (couplés à une très belle première de couverture!), et c'est pourquoi je me suis plongé plein d'attentes féériques dans ce premier tome assez conséquent (650 pages).

La ligne directrice du roman est l'amour des livres et leur pouvoir sur les hommes. Les héros sont tous des amoureux des livres, ils les collectionnent, les lisent et les relisent, les réparent, les protègent... et également des amoureux des mots et des histoires. J'ai trouvé que ce thème central était un très bel éloge à l'objet livre et aux rêves qu'il renferme. On sent la réelle foi de l'auteur dans ce qu'elle nous décrit, l'évasion que procurent les livres, leur pouvoir de délivrance lorsqu'on se sent perdu, ou triste. L'auteur a par ailleurs choisi de débuter chacun de ses chapitres par des citations de livres qu'elle doit affectionner tout particulièrement, et qui ont largement inspiré le roman (on retrouve d'ailleurs de nombreux clins d'œils tout au long du récit): Peter Pan, Tom Sawyer, Roald Dahl, Andersen, etc...

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Elle le savait, le monde était terrible, cruel, impitoyable, sombre comme un mauvais rêve. Ce n'était pas un endroit où vivre. La pitié, le réconfort, le bonheur... et l'amour n'existaient que dans les livres. Les livres aimaient quiconque les ouvrait, ils donnaient un sentiment d'intimité et d'amitié sans rien attendre en échange, ils ne vous quittaient jamais, même si on les traitait mal. »


Partant de ce postulat, le roman a déjà tout pour me plaire. Et puis l'entrée en matière m'a fait saliver: une fille seule avec son père, un inconnu dans la nuit, un livre secret recélant de nombreux mystères et questions... Tous les ingrédients semblent réunis pour que l'ensemble s'envole et me fasse passer un bon moment.

Mais au bout de 100-150 pages, j'attends toujours cette étincelle qui mettra le feu aux poudres de mes attentes pour m'emporter dans le récit. Je me dis qu'il fait partie de ces livres qui sont plutôt longs à se mettre en place, d'autant plus pour un premier tome. Pourtant les pages s'enchaînent, et malgré moi je reste cloué au sol. Je n'ai tout simplement pas réussi à décoller. Les événements s'enchainent avec platitude. Car pour moi l'histoire a manqué de relief, d'épaisseur.

Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, qui pour moi manquaient d'un je-ne-sais-quoi qui pourrait déclencher de la compassion et de l'empathie. Mo m'est apparu plutôt mou, insipide même. Son côté bonne pâte m'a énervé. Idem pour Meggie, même si j'ai par moments salué son courage. En ce qui concerne Doigt de Poussière, qui est je pense une des clés de voûte de l'histoire par son rôle, l'auteur a choisi de l'envelopper d'un voile mystérieux et d'un visage inexpressif et indéchiffrable. Mais résultat, je n'ai tout simplement pas saisi le personnage, ce qui m'a plutôt frustré. Au final, j'ai ressenti que les personnages restaient superficiels, leurs rôles n'étaient pas aboutis.

Quitte à en rajouter une couche, j'ai trouvé que toute l'histoire traînait beaucoup en longueur, avec beaucoup de redondances (on se fait capturer, on s'échappe, on se re-fait capturer, on se re-échappe, on se re-re-fait capturer...), et les tournures d'événements vraiment téléphonées. Je sais que je n'accroche pas au livre lorsque, au moment d'un événement important, je me surprends à souffler un "Pffff..." particulièrement significatif. Ce soupir signifie que c'est trop: trop attendu, trop cliché, trop vite amené, trop démesuré... et je l'ai bien poussé quatre ou cinq fois au cours de ma lecture. Ce sentiment m'a fait perdre tout effet de surprise sur la suite de l'histoire, ainsi que sur la fin. J'ai d'ailleurs trouvé cette dernière vraiment convenue, fade, sans plaisir ni ravissement. Il se passait ce qu'il devait se passer, ni plus ni moins. Dommage.

Je ne peux toutefois pas enlever à l'auteur l'originalité du scénario ni le monde qu'elle a créé, qui est, malgré tout ce que je peux ressentir vis à vis de l'histoire en elle-même, plutôt bien pensé, inédit et dépaysant. "Cœur d'encre" reste singulier dans ce sens, et le vivre pendant de nombreuses pages en fait néanmoins un livre marquant par son univers.

Hélas pour ma part, cela n'a pas suffi à me faire oublier ses nombreux défauts qui par conséquent condamnent mon appréciation. Je garde une impression assez négative, mais je reste indulgent car je pense que ce qui m'a rebuté peut à l'inverse plaire à de nombreuses personnes. Je ne pense pas que ce livre soit devenu un best-seller sans raison. Je suis juste extrêmement déçu de ne pas avoir pris de plaisir à ma lecture.


J'ai lu ce roman dans le cadre de ma toute première Lecture Commune. Je vous invite donc à découvrir les avis des autres participants: Aily, Azilice, Azariel87, Fée Bourbonnaise, LaureduMiroir, Lili44, Mystix, Setsuka, Wilhelmina et Zatoun. J'espère qu'elles auront pris plus de plaisir dans leur lecture que moi ^^



Ma note:

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