testamentalanglaise

 

L’histoire (Quatrième de couverture)

"Michael Owen, un jeune homme dépressif et agoraphobe, a été chargé par la vieille Tabitha Winshaw d'écrire la chronique de cette illustre famille. Cette dynastie se taille en effet la part du lion dans tous les domaines de la vie publique de l'Angleterre des années quatre-vingt, profitant sans vergogne de ses attributions et de ses relations...

Et si la tante Tabitha disait vrai ? Si les tragédies familiales jamais élucidées étaient en fait des crimes maquillés ? Par une nuit d'orage, alors que tous sont réunis au vieux manoir de Winshaw Towers, la vérité éclatera... Un véritable tour de force littéraire, à la fois roman policier et cinglante satire politique de l'establishment."

 

 

Mes impressions de lecture:

Testament à l’anglaise” est le quatrième roman de Jonathan Coe que j’ai le plaisir de lire (et le quatrième qu’il a écrit, d’ailleurs) et, de ce que j’ai pu en lire, considéré comme la pièce maîtresse de son œuvre.

Il est assez difficile de résumer l’intégralité de ce livre tellement il est riche et complet. Au-delà du nœud central (un écrivain rédigeant la biographie des Winshaw, une famille aristocrate véreuse), le panachage de personnages permet à l’auteur d’imbriquer toutes sortes d’histoire, plus ou moins reliées les unes aux autres.

A travers le portrait des six derniers descendants de la famille Winshaw, l’auteur montre du doigt les failles de l’organisation économique et politique de l’Angleterre des années 80 et 90, chaque personnage représentant la bassesse fétide des nantis assoiffés de pouvoir.

C’est pour moi une des réelles forces de ce roman, qui m’a permis de me plonger dans l’histoire contemporaine de l’Angleterre, à l’époque de Thatcher, de la Guerre du Golfe et du déclin du système social anglais. Les jeux de pouvoirs politiques, financiers et médiatiques sont esthétiquement dessinés à travers ces cousins malhonnêtes et détestables, le tout sans aucune lourdeur (ce qu’on peut craindre quand on aborde ces sujets), bien que légèrement caricaturaux.

Derrière ce panorama, c’est surtout la vie du jeune écrivain que l’on suit, Michael Owen, qui est d’ailleurs le narrateur de l’histoire. Son rôle, en apparence extérieur, se voit finalement lié de plus en plus au destin de cette famille. C’est là que rentre en scène l’art de Jonathan Coe que j’affectionne tout particulièrement : joncher le récit d’événements plus ou moins anecdotiques qui finalement s’imbriquent pour constituer un dénouement des plus inattendus. Je me suis tellement laissé emporter par tous ces éléments, que j’en suis arrivé à me demander où tout cela allait me mener. J’ai trouvé ça à la longue un peu dommage, parce que par moments ça m’a un peu donné envie de décrocher.

L’alternance du récit entre la vie de l’écrivain, et l’histoire des différents membres de la famille Winshaw, donne un rythme très agréable à la lecture. Bien qu’un peu difficile à suivre, j’ai trouvé l’architecture du livre originale et très plaisante.

Je reste toutefois décontenancé par la fin de l’ouvrage, à contre-courant du reste du roman. La dernière partie, scène finale narrée cette fois à la troisième personne, prend des airs de clôture de romans policiers à l’anglaise du début du XXème siècle, clin d’œil affiché de l’auteur à Hercule Poirot et Sherlock Holmes, symboles des enquêtes policières « à l’anglaise ». Mais cette rupture de style m’a quelque peu dérangé, comme si on lisait une histoire dans l’histoire. Sans parler du dénouement, bien que surprenant, somme toute déconcertant. Après une telle finesse dans l’ensemble du roman, je ne cache pas ma déception sur les 100 dernières pages. Peut-être suis-je passé à côté de quelque chose…

C’est plutôt dommage, car en regardant en arrière j’ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle lecture de Jonathan Coe, qui pour moi s’affiche réellement comme un auteur incontournable de la littérature britannique.

 

Ma note :

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