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Résumé:

Par une chaude après-midi d’été, la jeune Alice s’assoupit sous un arbre jusqu’à ce qu’elle aperçoit un étrange lapin blanc fuyant dans l’obscurité d’un terrier. La curieuse et intrépide jeune fille va suivre la piste du lapin et atterrir dans un monde merveilleux et loufoque. Au fil de son périple, elle va rencontrer des personnages hauts en couleur et aux discussions sans queue ni tête. Mais tout ceci semble tellement vrai, se pourrait-il que ce ne soit qu'un rêve ?

 

Mes impressions de lecture :

S’il y a bien un classique de la littérature que je me suis toujours juré de lire, c’est bien Alice au pays des merveilles. Non seulement j’ai toujours adoré l’adaptation de Walt Disney, mais également j’étais curieux de connaître la version originale qui, j’avais ouï dire, est bien plus décalée et loufoque. Ignorant de l’univers de Lewis Carroll, j’ai donc acheté un recueil d’écrits autour d’Alice, en commençant bien sûr par le plus connu de tous.

A vrai dire, je ne sais trop que dire au sujet de ce court roman (à peine plus d’une centaine de pages) qui me laisse un léger goût de déception dans la bouche. Je pensais être emporté et « émerveillé », et malheureusement ça n’a pas tout à fait été le cas.

Pour commencer, j’ai été surpris par la rapidité avec laquelle l’auteur débute le récit. Très peu de fioritures, Alice est déjà dans le terrier du lapin dès la fin de la première page. Qui est-elle ? Comment en est-elle arrivée là, d’où vient-elle ? On ne le sait pas, mais peut-être n’est-ce pas si important au fond. Avoir peu d’introduction m’a manqué, mais c’était certainement un souhait de l’auteur de se détacher de ce type de convention pas forcément utile pour décrire l’univers qui suit.

La suite des aventures d’Alice continue un peu sur cette lancée : j’ai trouvé l’ensemble un peu trop factuel, un peu fade ; je ne me sentais pas transporté dans cet univers. Le lecteur découvre ce monde étrange à travers les yeux et les commentaires d’Alice, qui prend l’ensemble de la situation avec une placidité déconcertante. Elle n’a pas peur, intimidée parfois, elle ne rit pas, elle pleure un peu, mais je ne me suis pas senti désolé pour elle.

J’ai vraiment trouvé tout cela un peu dommage, car au-delà de cette narration épurée, l’univers de Carroll est charmant et fascinant. On retrouve évidemment les personnages classiques qui ont fait le succès d’Alice dans  toutes ses adaptations : le chat du Cheshire, le Ver à soie, le Chapelier Fou, le Lièvre de Mars, et bien sûr la Reine de cœur. En revanche, et c’est tout de même ce que j’attendais de cette lecture, on découvre de nouveaux individus tout aussi étranges et saugrenus que les autres. J’ai adoré la Duchesse hurlante et son bébé qui se transforme en cochon, la tortue « fantaisie » (the Mock Turtle) et le griffon m’ont offert un duo incongru et efficace, et j’ai souffert pour le jeune Bill qui se fait littéralement envoyé en l’air par Alice.

La réelle force de Lewis Carroll ici, c’est sa maîtrise incomparable des mots. Malheureusement très altérés du fait de la traduction française, les jeux de mots restent très présents dans la plupart des dialogues ainsi que dans les noms des personnages. Et puis il y a les discussions de sourd, ou les propos improbables, ce que personnellement j’adore le plus car ça n’a juste pas de sens, comme par exemple les raccourcis hâtifs de la Duchesse : « Très juste, les flamants et la moutarde piquent. Et la morale de ceci est : Les oiseaux de même plumage volent de conserve. » {…} J’adore.

J’ai beaucoup apprécié l’initiative de l’éditeur (Flammarion) d’ajouter une section en fin de livre qui explique comment le traducteur a francisé les jeux de mots les plus « intraduisibles ». C’est très enrichissant car non seulement cela permet d’avoir le texte en VO, mais également d’appréhender le jeu de mot entièrement tel qu’il l’était à l’origine. Ces détails méthodologiques ont d’ailleurs ranimé mon enthousiasme, car il est vrai qu’à première lecture, les jeux de mots francisés tombent souvent à plat…

March Hare : Take some more tea.
Alice:
I’ve had nothing yet, so I can’t take more.
March Hare:
You mean you can’t take less; it’s very easy to take more than nothing.

… devient…

Le Lièvre: Reprenez donc un peu de thé.
Alice :
Je n’ai encore rien pris du tout, je ne saurais donc reprendre de rien.
Le Lièvre : Vous voulez dire que vous ne sauriez reprendre de quelque chose. Quand il n’y a rien, cela ne doit pas être très facile de reprendre de ce rien.

Au final, j’ai trouvé Les aventures d’Alice au pays des Merveilles riches en couleurs, en humour et en originalité. Cependant, j’espérais une histoire un peu plus romancée, un peu moins factuelle. Cela n’empêche pas néanmoins d’apprécier la richesse de l’imagination de Lewis Carroll qui a su séduire des générations de petits et grands depuis près de 150 ans ! J’ai également hâte de découvrir l’adaptation au cinéma de Tim Burton qui sort en salle dans quelques jours…

 

Ma note:

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