Camelot

 

L'histoire (Quatrième de couverture):

« Institut Saint James de B. Nathan, 17 ans, doit passer l’été à préparer son diplôme de fin d’études. Un soir arrive un nouvel élève. Accueilli comme un prince par le directeur de l’établissement, il exerce immédiatement une fascination troublante sur les élèves. L’un après l’autre, les amis de Nathan succombent à l’étrange pouvoir de séduction d’Arthur et disparaissent des nuits entières, sans que l’adolescent ne puisse rien savoir de leurs escapades. Un soir, Arthur lui propose de devenir à son tour un chevalier de la Table Ronde. »

 

Mes impressions de lectures:

 

J’avais envie depuis bien longtemps de découvrir la littérature jeunesse de Fabrice Colin, et c’est g râce à Fée Bourbonnaise (dans le cadre du LivraSwap) que j’ai eu le plaisir de m’évader vers « Camelot ».

Ici, le mythe du roi Arthur a été revisité à la sauce adolescente dans les années deux mille. Le leader, Arthur, confie à ses sujets la lourde quête du Graal, que ceux-ci, rebaptisés pour l’occasion en Lancelot ou Perceval, vont accepter contre vents et marées. Il n’est pas question ici d’aventure ni de fantasy à proprement parler, mais les notions de dévouement et de courage restent présentes dans l’enceinte de ce collège pour nantis. Au-delà de l’intrigue centrale assez floue en surface (facile : retrouver le Graal !), la richesse de l’histoire s’appuie sur la complexité des personnages qui s’intensifie au fur et à mesure des péripéties.

C’est pourquoi ce roman m’a réellement surpris, non seulement parce que l’auteur repose principalement l’intrigue sur la psychologie des héros, mais également car il aborde ici des thèmes de société inattendus dans un roman jeunesse (que je ne peux malheureusement pas dévoiler à moins de spoiler sauvagement). On se rend compte finalement que le parallélisme avec la légende de Camelot sert de magnifique prétexte au nœud central qui rythme le récit, sorte d’emballage légendaire et mystique entourant une réalité terrifiante. 

Le rythme est soutenu, porté par l’excellente plume de Fabrice Colin qui a su apporter de la rondeur à des héros aux caractères bien tranchés. J’ai trouvé l’univers autour de Camelot très bien recréé, avec de nombreux clins d’œil à la quête du Graal, à l’histoire médiévale ou encore à la légende d’Excalibur. J’ai eu le plaisir de retrouver ici un roman abouti dont j’ai trouvé l’issue surprenante et bien ficelée.

Finalement, mon seul reproche sera l’utilisation décevante (mais heureusement occasionnelle) de certains clichés du genre qui, on dirait, arrangent bien un auteur à court d’idée pour coller une nouvelle péripétie de derrière les fagots. Parmi d’autres, on retiendra le coup du héros qui se foule la cheville au milieu des bois en pleine course poursuite (un classique !), ce qui nous permet de le laisser tout seul sans défense afin de mieux se faire attaquer par le méchant. Pratique !

Dommage donc que certains enchaînements soient provoqués par des méthodes aussi téléphonées, car au-delà de cette légère contrariété, je n’ai rien à dire sur le talent de Colin à créer un univers qui lui est propre et qui m’a bluffé du début à la fin. Au bout du compte, j’ai adoré « Camelot », et j’ai sincèrement hâte de replonger le nez dans une de ses créations.

 

Ma note:

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