lesheures

L'histoire (Quatrième de couverture):

"C'est à New York, à la fin du XXè siècle.
C'est à Londres, en 1923.
C'est à Los Angeles, en 1949.

Clarissa est éditrice,
Virginia, écrivain,
Laura, mère au foyer.

Trois femmes, trois histoires reliées par un subtil jeu de correspondances, dont l'émouvante cohésion ne sera révélée que dans les dernières pages... "


Mes impressions de lecture:

Il m'a fallu finalement plus de temps que je ne le pensais pour replonger dans un roman de Michael Cunningham. Après "La maison du bout du monde" (sublime!), que j'ai eu le bonheur de lire il y a plusieurs années, je redécouvre enfin cet auteur avec, selon moi, un petit bijou de la littérature américaine contemporaine.

"Les heures" nous raconte ces trois femmes, vivant à différents endroits à différentes périodes, dont l'histoire n'a en apparence rien à voir, et qui finalement tissent petit à petit une destinée commune. Ceci est fait avec beaucoup de finesse, et un style que j'affectionne particulièrement - j'adore la manière dont Cunningham manie les mots, et ce, bien qu'il ne s'agisse que d'une traduction.

Ce livre apparaît d'abord comme un très bel hommage à l'auteure suicidée Virginia Woolf, qui est en fait le personnage de "Virginia" dans le livre. Commençant à s'affaiblir mentalement, prise de migraines à répétition, elle se met à l'écriture de son roman "Mrs Dalloway", qui se trouve être le surnom du personnage de Clarissa (je ne dévoile rien, on apprend tout ça dès les premières pages ;) ).

Difficile d'en dire plus sur l'histoire sans révéler les ficelles du livre. La tentation est grande d'exposer ici ce que j'ai appris sur ces trois histoires tout au long de ma lecture, mais je pense que connaître ne serait-ce qu'une infime partie de la relation qui s'installe gâcherait le plaisir d'y réfléchir soi-même en lisant. C'est justement cette force qui me reste de ce roman lorsque je l'ai terminé: m'avoir amené petit à petit à comprendre ces trois femmes, ce qui les lie et les anime.

Sur le fond en tout cas, Cunningham offre ici une magnifique peinture des femmes. Le roman se passe en une seule journée; une seule journée de la vie de ces femmes, durant laquelle j'ai pu découvrir leurs blessures, leurs craintes et leurs doutes, leurs faiblesses mais surtout leurs forces. Heure après heure, ces femmes vont se révéler à nous, dans tout ce qu'elles ont de plus féminin en elles, basculant entre égoïsme sacrifié et amours torturées.

Ce qui m'a particulièrement touché dans cette narration, c'est la capacité de Cunningham à illustrer avec des images simples des sentiments forts, flous, parfois antagonistes qu'une personne peut ressentir sans parvenir à vraiment les comprendre. Ce talent rare m'a offert une lecture particulièrement enrichissante et pénétrante, me permettant de me fondre instantanément dans la peau des personnages.

En résumé, que les amateurs d'action pure et dure passent leur chemin, car "Les heures" offrent un voyage initiatique au coeur de l'âme des femmes sur fond de destin croisé original et plein d'intelligence.

"Les heures", car chacune d'elles égraine rapidement le bonheur et lentement les souffrances des journées d'une vie.


Ma note:

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(Parce que je peux pas mettre plus)